Pendant deux ans, je passais par la gare de Paris Montparnasse.
Un passage quotidien, presque rituel, dans lequel mon regard s’aiguisait et s’abandonnait à la fois sur des quais inondés d'ombres fugaces, des passagers anonymes aux pas francs, des rencontres éminemment humaines pendant cette période de COVID.
Avec cette série, la gare parisienne n’est plus seulement un lieu de transit, mais une scène mouvante, traversée de flux, de silences et d’apparitions. Les corps s’y croisent sans se voir, les ombres y dessinent des présences, les instants s’y dérobent autant qu’ils y surgissent.
J’ai choisi le noir et blanc comme une évidence.
Non pas pour retirer, mais pour révéler.
Épurer jusqu’à l’essentiel.
Faire émerger la lumière dans ce qu’elle a de plus fragile et de plus incertain.
Chaque image naît de contraintes volontaires. Un seul lieu, une pause entre deux trains, un temps étiré sur deux ans et comme outil minimal un smartphone. Un choix presque radical, qui impose la discrétion, la réactivité et une forme d’humilité face au réel qui s’impose à vous.
Mais cette simplicité apparente trouve son exigence dans le développement. Chaque photographie est travaillée dans une recherche fidèle aux codes du tirage argentique avec des densités maîtrisées, des contrastes et des noirs profonds pour sculpter les formes, du grain assumé pour donner de la matière à l’ensemble.
Une tension volontaire entre la captation immédiate de l’image et une écriture visuelle lente, presque artisanale.
PARI[S]OMBRE explore ce seuil fragile,
entre présence et disparition,
entre flux et suspension,
entre instant capturé et image construite.
Un travail au long cours, de septembre 2020 à septembre 2022.
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Retrouvez ci-dessous une sélection des photos de la série qui ont été exposées au théâtre le Dôme de Saumur.
L'escalier du gouffre
L'orgueil entravé
La fourmillante cité
Le chemin de ronde
L'azur captif
L'éxilé de la clarté